Pourquoi pratiquer ?

L’activité physique, comment la définir ?

 

L’activité physique ne se réduit pas à la seule pratique sportive, elle inclut tous les mouvements effectués dans la vie quotidienne et intègre les activités liées aux tâches domestiques, au travail, aux transports, aux loisirs.

 

Exercice physique et prise en charge diététique sont deux facettes complémentaires d’une même prise en charge thérapeutique. L’activité physique améliore, en effet, la sensibilité des cellules à l’insuline et augmente la captation du glucose par les muscles dans les 24h à 36h après l’activité physique. Elle contribue à la qualité de vie et à l’état psychologique et émotionnel, elle accroît la masse musculaire, réduit le tissu graisseux, lutte contre l’ostéoporose.

 

Mais il importe de distinguer l’activité physique de la vie courante et la pratique sportive adaptée, car selon leur niveau d’intensité l’impact bénéfique sur la santé sera différent. L’intensité de l’activité physique pratiquée est, en effet, une notion capitale. La relaxation, la marche sur de courtes distances, faire le ménage, monter un escalier, concourent effectivement à la santé de l’individu. Mais ces activités ne s’inscrivent pas nécessairement dans une démarche thérapeutique. Une pratique sportive adaptée, régulière et suffisamment intense permet, par contre, de modifier durablement l’état physique et psychologique de la personne ; elle augmente les chances de guérison et diminue le risque de récidive.

 

Comment pratiquer ?

 

L’activité physique et sportive adaptée (APSA) est une démarche concertée entre la personne malade et un professionnel formé, en lien avec le médecin, pour élaborer, mettre en œuvre et suivre un programme d’exercices physiques contribuant à la mise en mouvement de la personne malade.

 

 

Un programme personnalisé et une aide à la personne

 

Un tel programme tient compte de l’état général du patient, de son âge, des antécédents de pratique physique et des éventuelles maladies associées. Il est adapté au stade du traitement et à son intensité, au niveau d’assimilation du traitement par la personne, à son degré de fatigue, à son état psychologique. Un avis médical est nécessaire avant la mise en place d’un programme d’activité physique.

Il importe que la personne s’approprie la nécessité de faire de l’exercice, qu’elle en fasse son projet.

 

Après recherche des contre-indications éventuelles, l’APSA peut être proposée dès la découverte du cancer chez la plupart des patients, pendant le traitement ou après le traitement. Elle peut être proposée à des enfants, à des adultes, à des seniors. Elle est accessible à toute personne quel que soit son niveau d’incapacité. Après les traitements, elle aide les personnes à retrouver un équilibre de vie et à réduire l’impact des effets liés à la maladie.

 

Les bénéfices sont prouvés avec une activité (gymnastique, marche nordique, arts martiaux, …), pluri-hebdomadaire (3 à 5 séances), progressive, encadrée par des professionnels formés. Les séances d’exercice physique sont encadrées par des éducateurs médico-sportifs ou des kinésithérapeutes ayant reçu une formation complémentaire pour établir un bilan initial et assurer un suivi de la progression des capacités physiques en cours de soins.

On évitera ainsi les salles de sport publiques s’il n’y a pas d’accompagnement par un professionnel formé : risque de mauvaise expérience sur terrain psychologique souvent fragilisé ou sur notion de handicap spécifique (lymphoedème), regard de l’autre, …

 

Un programme d’activité physique et sportive adapté se déroule dans la durée (généralement plusieurs mois), les types d’exercice proposés peuvent être différents (marche, cyclisme, natation, arts martiaux, …), mais ils mettent toujours en jeu une certaine intensité. La fréquence de la pratique de ces exercices va de 2 à 5 fois par semaine. Les trois caractéristiques d’un programme d’APSA sont :

 

  • la durée : régularité, progressivité,
  • l’intensité : un effort suffisant, ni trop fort ni trop faible, adapté aux potentialités de la personne,
  • la fréquence : plusieurs fois par semaine.

 

Il n’y a pas de programme d’APSA standardisé, valable pour tous : il est toujours personnalisé, adapté au cas particulier de chaque personne, élaboré en fonction du moment du traitement, des effets secondaires, de la force morale et physique de la personne, de sa motivation ou de son abattement, de sa volonté ou de son épuisement.

 

Chez un patient cancéreux, les effets de l’APSA sur les grandes fonctions corporelles, cœur, poumons, os, muscles, aboutissent à une amélioration de la qualité de vie et à une réduction de la sensation de fatigue. L’activité physique régulière améliore également le sommeil, réduit les périodes d’insomnie, favorise l’endormissement, réduisant ainsi les besoins en somnifères. L’activité physique modifie aussi l’image du corps et favorise le rapport aux autres ; elle permet à la personne de retrouver confiance en elle. Le retour de la confiance en soi est, en effet, une dynamique fondamentale de la pratique physique.

 

Bénéfices

Que faire contre la fatigue liée au cancer ?

Tout d’abord prendre conscience que la fatigue, cette fatigue-là, si profonde, vous enferme dans un cercle vicieux : moins on en fait et plus c’est difficile d’en faire, moins on a envie d’en faire et plus on a peur d’en faire. Il n’existe pas de médicament contre la fatigue, hors anémie, et une activité physique régulière est le seul moyen de rompre ce cercle vicieux. On sait désormais qu’une activité physique et sportive, à condition d’être pratiquée dans de bonnes conditions, est un traitement efficace pour diminuer la fatigue liée au cancer. C’est aussi un moyen de retrouver des sensations agréables, de se donner du plaisir, de parvenir à une plus grande harmonie du corps.

Vous craignez qu’une activité physique vienne perturber le déroulement de votre traitement, qu’elle risque d’en aggraver les effets secondaires.

Outre son action sur la diminution de la fatigue liée au cancer, l’activité physique et sportive entraîne une meilleure tolérance et favorise une meilleure observance des traitements. Elle permet aussi de diminuer le risque de lymphœdème et celui d’ostéoporose. En commençant ou poursuivant une activité physique, vous n’êtes plus seulement un patient subissant passivement les traitements prescrits, vous devenez un acteur dans la lutte contre la maladie.

 

A quel stade pouvez-vous commencer ou reprendre une activité physique et sportive ?

L’activité physique est recommandée à tous les stades de la maladie. Les objectifs et les modalités de l’activité physique pourront être différents selon votre situation, pendant la phase de traitement, à la fin des traitements, à distance des traitements. Ainsi, dès le début de la prise en charge, il s’agit de prévenir le risque de déconditionnement physique, la diminution des capacités d’adaptation à l’effort et de récupération, avec les répercussions psychiques afférentes (repli sur soi, sentiment d’isolement, perte de confiance en soi). Le but est de vous aider à vous rendre plus autonome durant la maladie ; le plaisir que vous en tirerez vous donnera ensuite envie de continuer après la maladie.

 

Vous êtes en rémission, mais vous vous sentez toujours fatigué et vous craignez une rechute.

Les études de cohortes (les mêmes personnes sont suivies plusieurs années après la fin de leur traitement) mettent en évidence un effet protecteur de l’activité physique régulière sur le risque de récidive. Il est donc recommandé aux personnes en rémission de pratiquer une activité physique et sportive. Pour vous apporter une meilleure qualité de vie, celle-ci devra, bien entendu, être adaptée à vos besoins et à vos possibilités.

 

Si vous ne souhaitez pas ou si vous ne pouvez pas faire du sport à proprement parler, notamment en groupe, essayez néanmoins de tirer parti de votre quotidien :

 

  • Montez les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur, descendez du bus quelques arrêts avant votre destination et continuez à pied.
  • Sortez promener le chien, jouez à cache-cache ou au ballon avec des enfants de votre entourage.
  • Au moins 3 fois par semaine, essayez de bouger plus que d’habitude, de manière à ressentir un peu l’effort. L’essentiel consiste à prendre du plaisir à bouger.

 

 

Important : si vous choisissez des activités physiques dans celles de la vie courante :

  • Demandez conseil à un éducateur médico-sportif formé en oncologie sur ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire.
  • Soyez patient avec vous-même et lancez-vous lorsque vous vous en estimerez capable.
  • Progressivement repoussez vos limites en intensifiant le mouvement, par exemple, ou en vous entraînant plus longtemps. Entraînez-vous seulement aussi longtemps que vous vous sentez bien.
  • Si vous vous sentez mal ou faible ou si vous ressentez des douleurs, arrêtez-vous et consultez votre médecin.

Distinguer l’activité physique, qui est l’ensemble des mouvements corporels produits par l’action des muscles et entraînant une augmentation de la dépense énergétique supérieure au métabolisme de repos et la pratique sportive, qui est une activité physique particulière en ce sens qu’elle est planifiée, structurée, répétée, et qu’elle vise à améliorer un ou plusieurs composants de la condition physique.

La pratique sportive n’est pas nécessairement orientée vers la compétition. La finalité de la pratique sportive, telle qu’elle est entendue ici, est de préserver la santé, de réduire le stress et la fatigue, de mieux vivre avec la maladie, ses traitements et leurs effets secondaires. Pratiquer une activité physique ou sportive, c’est de plus un bon moyen pour se sentir mieux dans son corps, y retrouver du plaisir et le goût de l’échange.

 

Pratiquer une activité physique ou sportive ? OUI

  • quel que soit le stade du traitement, mais si possible dès le début de la prise en charge
  • quelle que soit l’existence ou l’absence d’une pratique sportive antérieure
  • quels que soient les effets secondaires
  • quel que soit l’âge
  • quel que soit le type de cancer

 

Quatre conditions pour une prise en charge progressive et personnalisée :

 

  • Le programme d’activité physique est intégré au processus de soins avec une consultation médicale initiale et un certificat médical d’aptitude établi par le médecin.
  • Selon le niveau initial d’activité physique, un reconditionnement physique ou un entraînement à l’effort est proposé.
  • Un projet éducatif concerté (patient, éducateur, soignant) est centré sur les besoins spécifiques de la personne.
  • Une éducation thérapeutique peut être mise en œuvre pour contribuer à modifier les habitudes de vie.